Buchou Négoce finit bien l’année

Le jeudi 28 novembre, l’entreprise Buchou Négoce organisait sa traditionnelle réunion annuelle à Scillé devant plus de 100 clients et quelques fournisseurs. Bilan de la campagne 2018-2019, innovation et réglementation étaient au rendez-vous.

C’est devenu un rendez-vous incontournable pour l’entreprise et ses clients. Sous la pluie du jeudi 28 novembre, Alain Buchou et son équipe accueillent comme chaque année à la même période plus de 120 personnes pour une demi-journée bien remplie. L’occasion de faire le point sur divers sujets.

« C’est l’occasion pour nous de remercier notre clientèle pour la confiance accordée tout au long de la campagne, l’ensemble des partenaires ainsi que toute l’entreprise BUCHOU NEGOCE, confie Alain Buchou. Cela permet également de faire le bilan de la campagne précédente et de communiquer sur les prochaines innovations et les enjeux de demain ».

Innovation, évolution et réglementation

Un programme complet attendait les personnes présentes dans la salle. Plusieurs intervenants se sont succédés pour parler de différents thèmes. L’entreprise De Sangosse est venue présenter un rappel sur les bonnes pratiques de pulvérisation par l’intermédiaire de Jean Lagrue et de sa « Pulv&dyne », petite station mobile qui permet de reproduire la pulvérisation à petite échelle. Le pilotage de fertilisation azotée était également aux rendez vous via le Réseau Actura. Charline Baussard, sous l’oreille attentive de la salle, nous a présenter le modèle Cérélia (conseil et pilotage azoté via les satellites).

Ensuite l’équipe Buchou composée de Quentin Nourrisson, Yann Augeard et Fréderic Nouzillat est intervenue.  Innovation, évolution de la gamme et réglementation sont passés au crible au niveau du végétale en insistant sur certains points (analyse de sol, conformité des locaux phytosanitaires, ect..). Au niveau de la production animale, Etienne Amilien nous a parlé cette année de la complémentation minérale dans l’alimentation des animaux.

Enfin Jeremy Boitard de la société Atlantique Céréales (société qui commercialise l’ensemble de la collecte de l’entreprise) est venu faire le point sur la situation du marché des céréales.

La réunion s’est soldée par un passage à l’extérieur à la rencontre d’un drone de la société Agriload qui permet d’épandre des trichogrammes dans les maïs, solution de bio-contrôle, dernière innovation en date.

La journée elle, s’est clôturée autour d’un bon repas effectuer par 2 des clients de la société, La ferme de la Croix Marand et les fromages de Sylvie, pour un grand moment de convivialité.

Les trichogrammes face à la pyrale

Principal ravageur du maïs, la pyrale est en cette période à son pic d’activité. Deux méthodes de lutte existent : un insecticide qui nécessite le passage d’un tracteur, ou une autre moins connue, le lâcher de trichogrammes par drone.

 

La présence de la pyrale peut entraîner des pertes de rendement significatives (7 % de pertes en moyenne, que ce soit en grain ou en fourrage) et surtout impacter la qualité du maïs via le développement des mycotoxines, à l’image de la sésamie, qui pose les mêmes problèmes.

Principal ravageur du maïs, la pyrale est un papillon qui pond ses oeufs sur les feuilles de maïs en début d’été (généralement de mi-juin à mi-juillet). La larve issue de l’oeuf se déplace vers la tige en creusant des galeries, ce qui fragilise la plante et perturbe son fonctionnement. Elle peut également être présente sur l’épi. Pour lutter contre la pyrale, deux solutions existent : un insecticide ou le lâcher de trichogrammes. Les insecticides ont l’inconvénient du « passage du tracteur » dans une période où les maïs sont souvent assez développés. Cette opération délicate n’est aujourd’hui pas nécessaire avec les trichogrammes, qui sont de minuscules hyménoptères spécifiques de la pyrale. Ils déposent leurs oeufs dans ceux de la pyrale. Les larves qui se développent se nourrissent alors des oeufs du ravageur, les détruisant.

La méthode des trichogrammes est bien connue depuis plusieurs années mais peinait à prendre de l’ampleur. En effet, jusqu’à maintenant, l’épandage se faisait par l’utilisation de 25 plaquettes par hectare, placées à la main. Une méthode fastidieuse qui limitait le développement de cette technique.

Un épandage par drone

Depuis quelques années, l’arrivée de nouvelles technologies a permis le développement de cette lutte biologique. C’est le cas chez Buchou Négoce, négociant dans le centre Deux-Sèvres. Par le biais de leur partenaire Agriload, la société propose une prestation d’épandage de trichogrammes par drone. Les trichogrammes se présentent sous forme de capsule à raison de 100 capsules/ha épandues par le drone, qui peut épandre jusqu’à 9 hectares à la fois.

« L’arrivée des drones amène de nouveaux arguments. Le débit de chantier est d’environ cinq minutes par hectare et l’agriculteur n’a pas à s’en occuper, explique Frédéric, technicien Chez Buchou Négoce. C’est une méthode alternative qui répond également aux attentes sociétales ». Les trichogrammes ont une durée d’action d’environ trois semaines. Leur efficacité est bien réelle mais peut être hétérogène selon les conditions d’application et la pression des pyrales.

Des limites techniques

En effet, certaines contraintes viennent se greffer à cette technique. L’application doit se faire, dans la limite du possible, sur maïs couvrant pour éviter d’exposer les capsules au soleil et à la chaleur. La difficulté est de lier l’application sur maïs couvrant et un minimum développé avec le vol de la pyrale. La combinaison de ces deux facteurs n’est pas toujours possible sur des couverts à dates de semis tardifs.

Les parcelles doivent également être relativement propres. Du fait de l’épandage par drone, il faut être attentif à la météo pour pouvoir appliquer le remède. En effet, si les rafales de vents sont trop importantes, l’épandage est impossible.

La technologie au service de la fertilisation azotée

L'utilisation d'un drone qui, une fois à 150 m de hauteur, va calculer la biomasse par télédétection

La bonne dose, au bon endroit et au bon moment. Un enjeu crucial et en pleine expansion. Pour cela, les outils sont nombreux. Drone, satellite, n-sensor sont autant de services qui permettent de raisonner la fertilisation azotée autrement, notamment sur céréales et colza.

 

Plusieurs pilotages possibles

Ces services offrent une multitude de choix en fonction des objectifs de l’agriculteur dans une démarche de fertilisation. En colza par exemple, une cartographie en sortie d’hiver va permettre, via un calcul de la biomasse, de définir une dose moyenne à apporter en fonction d’un objectif de rendement. Après réception de cette carte sur informatique, cette dose moyenne pourra être modulée automatiquement au sein de la parcelle si l’agriculteur dispose d’un épandeur d’engrais ou d’un pulvérisateur équipé d’une console spécifique en y transférant les fichiers parcellaires.

« C’est l’avenir »

En céréales, plusieurs apports peuvent être pilotés. Au stade épi 1 cm, un passage de drone, par exemple, va permettre de moduler une dose prévue pour homogénéiser une parcelle en valorisant les petites biomasses et en limitant le risque de verse sur les biomasses plus importantes. À 2-3 noeuds, cela va permettre d’augmenter les rendements ou de sécuriser le potentiel en fonction du besoin réel de la culture. Enfin, au stade dernière feuille étalée, l’utilisation de ce type de technologie va permettre de maximiser la protéine, et donc la qualité. « Sur nos secteurs aux qualités de terres très hétérogènes, c’est un vrai plus », confie Frédéric, technicien chez Buchou Négoce. « C’est l’avenir pour répondre aux besoins de la réglementation », rétorque Alain, utilisateur de la technologie du drone pour la première année.

Déplafonner le PPF

En s’appuyant sur les besoins réels de la culture, le recours à ce type de conseil peut déplafonner la dose du plan prévisionnel de fumure et donc, dans certains cas, aller chercher des rendements supérieurs.

Par l’augmentation du rendement et/ou l’azote économisé, les marges sont plus performantes. En effet, on estime en blé tendre une augmentation d’environ 70 de la marge et à plus de 100 en colza. Un argument de taille.

LA MODULATION MANUELLE, C’EST POSSIBLE

L’investissement matériel pour réaliser de la modulation intra-parcellaire automatique peut être un frein dans de nombreuses exploitations. C’est pour cela que des alternatives existent, comme par exemple des cartographies simplifiées pour pouvoir moduler manuellement via le boitier en cabine. Des applications smartphones existent également pour se localiser dans la parcelle et ainsi être plus précis. Par ce biais-là, c’est un « premier pas » vers la modulation de la fertilisation azotée.